En 2004, sous le soleil brûlant du Ghana, le 24e Conseil général de l’Alliance réformée mondiale s’est réuni pour plus qu’une simple réunion de routine : c’était un moment décisif. Des délégués du monde entier sont venus non seulement pour discuter de théologie, mais aussi pour affronter un empire moderne, qui n’utilise plus de chaînes, mais manie des systèmes de pouvoir, des politiques et le profit. Leur histoire prend vie dans le nouveau roman graphique The Empire Trembled: The Birth of a Confession (L’empire a tremblé : la naissance d’une confession), écrit par le révérend Daniel Rathnakara Sadananda et illustré par Canato Jimo.
Le roman graphique s’ouvre au château d’Elmina, une forteresse vieille de plusieurs siècles liée à la traite transatlantique des esclaves. Un délégué réfléchit : « Ces murs… ils me rappellent les ruelles de Gaza », tandis qu’un autre prophète se lamente : « Ma terre s’enfonce, et l’Occident continue de brûler son pétrole. » Les traumatismes historiques résonnent parallèlement aux souffrances contemporaines : dette, exploitation du travail et dévastation de l’environnement. Les délégués ont rapidement compris que l’empire avait évolué. « L’empire porte désormais un costume », a fait remarquer un participant brésilien. « Il signe des accords commerciaux et déplace des tribus. »
Des ateliers clandestins aux îles qui s’enfoncent, des rivières empoisonnées aux forêts brûlées, le roman graphique dépeint les conséquences humaines et écologiques des systèmes mondiaux. The Empire Trembled n’hésite pas à affronter la complicité. Les délégués admettent avoir eux-mêmes bénéficié de systèmes oppressifs. « Nous aussi, nous avons été séduits par la culture du consumérisme. Nous avons bénéficié de systèmes que nous dénonçons aujourd’hui. Nous nous repentons », confessent-ils. Ici, la foi est indissociable de l’action ; la confession devient résistance, et la théologie devient un outil de justice.
la présentant comme un appel à la communion dans une alliance. Elle critique la « trinité impie » du néolibéralisme – marchés non réglementés, privatisation et culte du profit – et appelle l’Église à agir contre l’empire, assimilant le silence à une trahison. Des voix du monde entier – notamment des délégués des États-Unis, d’Inde et du Brésil indigène – mettent en évidence la complicité, la survie et les liens écologiques et spirituels, donnant vie à l’histoire à travers des dialogues et des images vivants.
The Empire Trembled raconte une histoire de courage, de chagrin, de repentance et d’espoir. Il documente une Église marginale, meurtrie mais intacte, affirmant que la foi sans justice n’est pas la foi. Son cri de ralliement final résonne à travers les générations : « Croire en Christ, c’est briser les chaînes de Mammon. Suivre le Christ, c’est déstabiliser les empires. Confesser, c’est résister. Le silence est une trahison. »
Sadananda et Jimo ont abordé le roman graphique non seulement comme une histoire, mais aussi comme un témoignage, une résistance et un témoignage vivant. Sadananda se souvient : « C’était une inspiration spontanée, un désir de redonner vie à la Confession d’Accra, en particulier pour les jeunes générations. Je voulais qu’ils ne se contentent pas de l’étudier, mais qu’ils ressentent son feu. » Pour Jimo, le défi consistait à traduire cette flamme en forme visuelle. L’image du château d’Elmina est devenue centrale, représentant à la fois les atrocités historiques et les chaînes persistantes de l’empire.
Le roman graphique présente le capitalisme néolibéral comme une forme d’empire, avec Mammon comme divinité. Sadananda explique : « Appeler le capitalisme néolibéral « Empire », c’est reconnaître sa dimension théologique. Il ne s’agit pas seulement de politique, mais aussi de fidélité. Nommer Mammon, c’est dénoncer le capitalisme comme une fausse religion, avec son propre évangile du profit, sa liturgie de la consommation et son sacrement de la croissance infinie. La résistance nécessite une confession, pas seulement une politique. » Jimo a fait écho à cette audace, utilisant une palette de couleurs limitée mais frappante et des illustrations texturées pour transmettre l’urgence et le poids du message.
Deux décennies plus tard, la Confession d’Accra reste d’actualité. « La foi est indissociable de l’économie, de l’écologie et de la justice », note Sadananda.
« Alors que les océans montent, que les forêts brûlent, que les terres sont occupées et que la dette étrangle les pauvres, la confession refuse de laisser la foi être privatisée. » Si de nombreuses Églises ont hésité à en assumer le coût, partout où des communautés résistent à l’exploitation, défendent la terre et se tiennent aux côtés des marginalisés, Accra vit. Jimo ajoute que l’art lui-même peut catalyser la résistance : « Les images sont puissantes. Elles ont un impact durable, inspirant les lecteurs à travers le texte et l’illustration. »
Pour Sadananda, le message est clair : « La confession n’est pas un exercice doctrinal aride. C’est une résistance. C’est une alliance. C’est un disciple issu des marges. Confesser Jésus comme Seigneur est une manière audacieuse et libératrice de vivre pleinement sa vie. » The Empire Trembled transforme une confession historique en un témoignage vivant et visuel qui continue d’inspirer la résistance et l’espoir.
Faisant écho à cette vision, le révérend Philip Vinod Peacock, secrétaire exécutif pour la justice et le témoignage à la Communion mondiale d’Églises réformées, réfléchit : « La Confession d’Accra n’a jamais été destinée à être lue comme une simple histoire, c’est un témoignage vivant. Elle nous appelle, encore aujourd’hui, à résister à l’empire, à entendre les gémissements de la création et à emprunter le chemin coûteux de la justice dans la foi. Confesser, ce n’est pas seulement prononcer des mots, c’est incarner la résistance, se tenir aux côtés des peuples crucifiés de ce monde et oser croire qu’une autre façon de vivre est possible. Le tremblement de l’empire à Accra n’était qu’un début : la tâche de déstabiliser l’empire se poursuit avec chaque génération de l’Église. »
Remarque : Cette publication peut être reproduite en anglais avec mention complète de la source. Aucune partie ne peut être traduite sans autorisation écrite préalable. Les opinions exprimées sont celles des auteurs.
(Traduction fournie par DeepL)